SSD NVMe : PCIe 4.0 ou PCIe 5.0, que choisir
SSD NVMe PCIe 4.0 ou PCIe 5.0 ? Débits théoriques, compatibilité, chauffe et modèles sans DRAM : les critères pour choisir sans payer pour rien.
Choisir un SSD NVMe se résume souvent à une question : PCIe 4.0 ou PCIe 5.0 ? Les modèles de dernière génération affichent des débits deux fois plus élevés sur le papier, mais ils coûtent plus cher, chauffent davantage et n'apportent pas toujours de gain perceptible. Voici les critères à examiner avant d'acheter.
Ce que change la génération PCIe
Un SSD NVMe au format M.2 utilise généralement quatre lignes PCI Express. Chaque génération double le débit par ligne : 16 GT/s pour le PCIe 4.0, 32 GT/s pour le PCIe 5.0. Sur quatre lignes, cela donne un plafond théorique d'environ 7,9 Go/s en PCIe 4.0 et d'environ 15,8 Go/s en PCIe 5.0, dans chaque sens.
Ces chiffres sont des maximums d'interface, pas des performances garanties. Les débits annoncés par les fabricants sont des lectures et écritures séquentielles, c'est-à-dire de gros fichiers lus d'un bloc. Or l'usage courant d'un PC (démarrage du système, ouverture d'applications, chargement d'un jeu) repose surtout sur des accès aléatoires à de petits blocs, où l'écart entre générations est bien moins spectaculaire.
Compatibilité : le slot décide
Le PCIe est rétrocompatible : un SSD PCIe 5.0 fonctionne dans un emplacement PCIe 4.0, mais il se cale alors sur la vitesse de cet emplacement. Payer un modèle PCIe 5.0 n'a donc de sens que si la carte mère dispose d'un emplacement M.2 relié en PCIe 5.0, ce qui n'est pas le cas de tous les ports, même sur les cartes récentes. Le manuel de la carte mère indique la génération de chaque emplacement, et parfois les lignes partagées avec la carte graphique.
La chauffe, point faible du PCIe 5.0
Les débits élevés se paient en consommation et en température. Le contrôleur d'un SSD trop chaud réduit volontairement ses performances pour se protéger, un phénomène appelé thermal throttling. Dès 2022, le directeur technique du fabricant de contrôleurs Phison prévenait que les SSD PCIe 5.0 haut de gamme pourraient chauffer au point de réclamer un refroidissement actif.
En pratique, un modèle PCIe 5.0 doit être installé sous le dissipateur M.2 de la carte mère ou acheté avec le sien. C'est un critère important dans un PC compact ou un portable, où la place et le flux d'air manquent.
Avec ou sans DRAM
Autre critère souvent ignoré : la présence d'une mémoire cache DRAM sur le SSD. Les modèles dits DRAM-less s'en passent et utilisent à la place le Host Memory Buffer (HMB), une fonction prise en charge par NVMe depuis sa version 1.2, qui emprunte une petite partie de la mémoire vive du PC.
Longtemps réservée à l'entrée de gamme, cette approche gagne le PCIe 5.0 : Lexar annonce par exemple jusqu'à 11 000 Mo/s en lecture pour son Thor Ultra, sans DRAM. Le contexte de pénurie de mémoire vive pousse les fabricants dans cette direction, puisque retirer la puce DRAM réduit le coût de fabrication. Les écritures soutenues, une fois le cache SLC rempli, restent toutefois historiquement le point faible de ces modèles.
Quel SSD pour quel usage
- Bureautique, navigation, jeu : un bon SSD PCIe 4.0 suffit largement et laisse du budget pour la capacité, souvent plus utile au quotidien.
- Montage vidéo, copies massives, gros jeux de données : le PCIe 5.0 peut se justifier, à condition d'avoir l'emplacement adapté et un refroidissement correct.
- Dans tous les cas : regarder l'endurance annoncée (TBW), la durée de garantie et les tests indépendants en écriture prolongée plutôt que le seul débit maximal.
Avant de viser le PCIe 5.0, vérifiez que le reste de la configuration suit, à commencer par le choix du processeur.