Euro numérique : où en est le calendrier de la BCE
Euro numérique : pilote fin 2027, émission possible en 2029, règlement en trilogue. Le point sur le calendrier de la BCE, les plafonds et les coûts.
Le projet d'euro numérique entre dans sa phase décisive, mais rien n'est encore acquis. La Banque centrale européenne (BCE) vise une première émission possible en 2029, précédée d'un pilote à partir du second semestre 2027. Ce calendrier repose toutefois sur une condition : l'adoption du règlement européen d'ici la fin de 2026. Où en sont les discussions, et que sait-on du fonctionnement prévu ? Voici le point, à partir de la documentation officielle de la BCE.
Un règlement encore en négociation
La base juridique de l'euro numérique est un règlement proposé par la Commission européenne le 28 juin 2023. Le Conseil de l'Union européenne a arrêté sa position le 19 décembre 2025, et le Parlement européen a adopté la sienne le 9 juillet 2026. Les deux institutions sont désormais engagées dans des trilogues, ces négociations à trois avec la Commission destinées à aboutir à un texte commun.
La BCE dit tabler sur une adoption d'ici la fin de 2026. Elle précise que son Conseil des gouverneurs ne prendra la décision d'émettre l'euro numérique qu'une fois le règlement adopté. Autrement dit, tant que le texte n'est pas voté, le calendrier reste indicatif.
Un pilote en 2027, une émission visée en 2029
Après une phase d'investigation (2021-2023), puis une phase de préparation lancée en novembre 2023 et close en octobre 2025, l'Eurosystème prépare désormais le lancement technique. Selon la FAQ de la BCE, mise à jour le 17 août 2026, un pilote de douze mois doit démarrer au second semestre 2027, avec 36 prestataires de services de paiement participants. L'objectif est d'être prêt pour une éventuelle première émission au cours de 2029.
Ce que prévoit le projet
L'euro numérique serait une monnaie de banque centrale, distribuée par des intermédiaires supervisés, comme les banques. Ce sont eux qui ouvriraient les comptes et serviraient d'interlocuteurs aux utilisateurs. La proposition de règlement prévoit que les banques le proposent à leurs clients et que les commerçants l'acceptent.
Plusieurs points de fonctionnement sont déjà posés :
- Plafond de détention : chaque utilisateur ne pourrait détenir qu'un montant limité. Aucun chiffre n'est arrêté ; la BCE a analysé des plafonds hypothétiques allant jusqu'à 3 000 euros par personne.
- Usage hors ligne : l'utilisateur alimenterait un compte hors ligne, puis paierait en approchant son téléphone d'un autre appareil ou d'un terminal. Seuls le payeur et le bénéficiaire connaîtraient alors le détail de la transaction.
- Confidentialité en ligne : l'Eurosystème ne pourrait pas identifier les utilisateurs, mais les prestataires de paiement, soumis aux obligations de lutte contre le blanchiment, le pourraient.
- Gratuité : l'usage de base serait gratuit pour les particuliers. Les prestataires pourraient facturer des services additionnels et des commissions aux commerçants, encadrées par un plafond.
Combien ça coûte
La BCE estime les coûts de développement à environ 1,3 milliard d'euros jusqu'à la première émission, puis à quelque 320 millions d'euros par an de fonctionnement. Ces dépenses, liées au dispositif et à l'infrastructure, seraient couvertes par l'Eurosystème grâce au revenu de seigneuriage, comme pour les billets.
Ni crypto-actif, ni stablecoin
L'euro numérique ne relève pas de l'univers des crypto-actifs : il s'agirait d'une forme numérique de l'euro émise par la banque centrale, au même titre que les billets. Il n'est donc pas concerné par le règlement MiCA, qui encadre les prestataires crypto et dont la période transitoire vient de s'achever en France. Pour les notions de base sur les registres distribués, notre article la blockchain expliquée simplement reste une bonne entrée en matière.
Prochaine étape à surveiller : l'issue des trilogues, dont dépend l'ensemble du calendrier.