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DDoS : Cloudflare a bloqué 18,2 millions d'attaques au T3

Le rapport DDoS de Cloudflare pour le T3 2026 recense 18,2 millions d'attaques, plus courtes et moins massives après le démantèlement de botnets.

Publié le 3 min de lecture
DDoS : Cloudflare a bloqué 18,2 millions d'attaques au T3

Les attaques DDoS changent de visage. Dans son rapport trimestriel publié le 29 octobre 2026, Cloudflare indique avoir atténué automatiquement 18,2 millions d'attaques DDoS sur la couche réseau au troisième trimestre 2026, ainsi que 14,4 billions de requêtes HTTP malveillantes. Derrière ces volumes, la tendance est à des attaques plus nombreuses mais plus brèves et moins puissantes, après le démantèlement de plusieurs grands botnets plus tôt dans l'année.

Moins d'attaques géantes

Le chiffre le plus marquant concerne les attaques hypervolumétriques, celles qui dépassent 1 Tb/s. Cloudflare en a compté 251 au troisième trimestre, contre 805 au deuxième, soit une baisse de près de 69 %. Le rapport rapproche ce recul de l'opération menée début 2026 contre quatre grands botnets d'objets connectés : Aisuru, KimWolf, JackSkid et Mossad, une action à laquelle l'éditeur associe un communiqué du ministère américain de la Justice.

Cloudflare se garde toutefois de crier victoire. L'entreprise signale l'apparition de nouvelles variantes, nommées Dysphoria et Evooo1Bot, signe que la menace se reconstitue. Les attaques classées Mirai représentent encore 46,5 % des octets atténués sur la couche réseau.

Des attaques courtes, typiques des services « booter »

L'autre enseignement porte sur la durée des attaques. Selon le rapport, 96 % d'entre elles se sont terminées en moins de dix minutes et 98 % n'ont pas dépassé 1 Gb/s. Cloudflare y voit la signature des services de DDoS à la demande, dits « booter », qui permettent à n'importe qui de louer une attaque. Ces offensives courtes visent surtout les éditeurs de logiciels, les jeux d'argent et casinos, et les services informatiques.

Ce profil a une conséquence pratique : une attaque de quelques minutes peut se terminer avant qu'une équipe n'ait eu le temps de réagir manuellement. D'où l'intérêt d'une protection qui détecte et filtre automatiquement le trafic, en permanence.

Les vecteurs qui montent et ceux qui chutent

Côté techniques, les inondations UDP gagnent du terrain : elles représentent 31,31 % des attaques réseau, contre 14,06 % au trimestre précédent. Les attaques par amplification DNS progressent de 215 % et atteignent 3,43 % du total. À l'inverse, les inondations CLDAP se sont effondrées de 99,5 % d'un trimestre à l'autre et ne pèsent plus que 0,05 % des attaques.

Pour les administrateurs, l'amplification DNS rappelle un point d'hygiène de base : un résolveur DNS ouvert à tout Internet peut être détourné pour amplifier une attaque contre un tiers. Restreindre la récursion aux clients légitimes reste la première mesure.

Pays et secteurs visés

Les États-Unis restent le pays le plus attaqué, devant la Chine et l'Indonésie. Le Canada fait un bond, passant de la 16e à la 6e place, tandis qu'Israël entre à la 10e. Le rapport ne détaille pas la situation de la France. Côté secteurs, les médias, la production et l'édition arrivent en tête des cibles ; le secteur Internet se classe 6e.

Ces données ne reflètent que le trafic observé sur le réseau de Cloudflare, et non l'ensemble d'Internet. Elles complètent le bilan des coupures d'Internet du troisième trimestre publié par la même entreprise.

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