Câbles sous-marins : Dublin et Londres font front commun
L'Irlande et le Royaume-Uni se dotent d'un protocole de signalement des incidents sur les câbles sous-marins, après un premier exercice commun.
L'Irlande et le Royaume-Uni ont mis en place un protocole commun de signalement des incidents touchant les câbles sous-marins. La ministre irlandaise de la Défense, Helen McEntee, l'a confirmé le 28 octobre 2026 lors d'une conférence sur la sécurité maritime organisée à Dublin. Cette annonce suit un premier exercice conjoint consacré à la protection des câbles de télécommunications qui relient les deux îles.
Un protocole encore peu détaillé
Selon la radio-télévision publique irlandaise RTÉ, la ministre s'est contentée de confirmer l'existence de ce protocole de signalement entre les deux pays, sans en préciser le fonctionnement opérationnel. Il s'agit de formaliser la manière dont Dublin et Londres s'informent mutuellement lorsqu'un câble est endommagé ou menacé.
Helen McEntee a justifié cette démarche par le contexte géopolitique : selon elle, le réseau est « plus vulnérable que jamais en raison de l'augmentation des menaces hybrides venant de Russie ». Elle a également affirmé que 75 % des câbles transatlantiques passent par les eaux irlandaises, un chiffre qui illustre la position stratégique de l'île pour les liaisons entre l'Europe et l'Amérique du Nord.
Eastern Pearl, un premier exercice commun
Ce protocole s'appuie sur un exercice baptisé Eastern Pearl, mené fin septembre par le ministère irlandais de la Culture, des Communications et du Sport et le ministère britannique chargé du numérique, de la culture, des médias et du sport. Présenté par Dublin comme le premier exercice conjoint de ce type entre les deux pays, il a pris la forme d'une simulation sur table.
Le scénario simulait la perturbation de plusieurs câbles de communication dans la région de Dublin, où atterrissent plusieurs câbles reliant l'Irlande à la Grande-Bretagne à travers la mer d'Irlande. L'objectif était de tester un cadre commun, élaboré par les deux gouvernements, qui fixe la manière de partager l'information, de coordonner les décisions et de répondre ensemble à une telle crise.
Le ministre irlandais Patrick O'Donovan a qualifié l'exercice d'« étape clé » dans le renforcement de la coopération entre les deux pays. Cette démarche répond à un engagement du programme UK-Ireland 2030, conclu en mars 2025 par les deux gouvernements pour approfondir leur coopération sur les infrastructures sous-marines critiques.
Une stratégie irlandaise plus large
Le protocole s'inscrit dans un ensemble de mesures évoquées par la ministre. L'Irlande a lancé cette année sa première stratégie nationale de sécurité maritime, centrée sur la protection des infrastructures sous-marines. Une loi adoptée en juillet confie aux forces de défense des missions spécifiques dans les eaux territoriales et la zone économique exclusive. Le ministère de la Culture et des Communications a par ailleurs créé un forum réunissant l'État et les opérateurs de câbles.
Helen McEntee a aussi évoqué des programmes de radar et de sonar militaires, ainsi que le raccordement des forces de défense irlandaises au dispositif européen de partage d'informations maritimes CISE, attendu en 2027.
Pourquoi c'est important
Les câbles sous-marins acheminent l'essentiel du trafic Internet international. Une coupure isolée est généralement absorbée grâce à la redondance des routes, mais plusieurs coupures simultanées peuvent dégrader les services publics, la finance ou les échanges du quotidien, comme le rappellent régulièrement les bilans des coupures d'Internet. La coordination entre États voisins, encore rare, devient un maillon de la résilience des réseaux au même titre que la redondance technique.