Bande 1800 MHz : les opérateurs vont mutualiser
L'Arcep autorise Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR à mutualiser la bande 1800 MHz en 4G sur les sites partagés les plus saturés, jusqu'en 2031.
Les quatre opérateurs mobiles français vont pouvoir mettre en commun leurs fréquences de la bande 1800 MHz. Dans une décision datée du 29 septembre 2026 et publiée le 13 octobre, l'Arcep autorise Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR à se louer mutuellement ces fréquences 4G sur une partie des sites qu'ils partagent déjà. Objectif affiché : améliorer la qualité de service sur les sites les plus chargés.
Ce que dit la décision de l'Arcep
La décision n° 2026-1733 répond à une demande conjointe des quatre opérateurs, envoyée le 29 juin 2026. Elle découle d'un avenant à leur contrat de partage des sites mobiles, conclu le 26 juillet 2019 et transmis au régulateur le 1er juin 2026.
Cet avenant prévoit des prestations de RAN sharing avec mutualisation de fréquences en 4G dans la bande 1800 MHz. Concrètement, sur un site concerné, chaque opérateur émet ses propres fréquences ainsi que celles des trois autres. Le texte précise que l'avenant vise en particulier les sites « dont le trafic est particulièrement saturé ». La répartition de la responsabilité du déploiement entre opérateurs, elle, ne change pas.
L'Arcep a examiné la demande au regard des motifs de refus prévus par le code des postes et des communications électroniques, notamment l'exigence d'une concurrence effective et loyale. Sa conclusion : « rien ne s'oppose » à ces locations réciproques.
Quels sites sont concernés
La mutualisation ne vaut pas pour l'ensemble des réseaux mobiles, mais uniquement pour certains sites du contrat de partage. Selon la décision, ce périmètre comprend :
- les sites des programmes historiques de couverture : « zones blanches - centres-bourgs 2G », « RAN sharing 3G », « extensions zones blanches - centres-bourgs » et « France mobile » ;
- les sites construits dans le cadre du dispositif de couverture ciblée, qui vise des zones fixées chaque année par arrêté ministériel.
Il s'agit donc essentiellement de territoires ruraux ou mal couverts, où un seul pylône sert déjà les clients des quatre opérateurs. Ce mécanisme prolonge une décision de 2019, qui autorisait déjà la mise à disposition réciproque des fréquences 700 MHz et 800 MHz sur ces mêmes sites.
Quelles fréquences, et jusqu'à quand
Chaque opérateur ouvre aux trois autres le bloc qui lui a été attribué dans la bande 1800 MHz : 1765-1785 / 1860-1880 MHz pour Bouygues Telecom, 1750-1765 / 1845-1860 MHz pour Free Mobile, 1710-1730 / 1805-1825 MHz pour Orange et 1730-1750 / 1825-1845 MHz pour SFR.
Les locations courent à compter de la décision et jusqu'au 24 mars 2031, date de la première échéance des autorisations d'utilisation de fréquences dans cette bande. L'Arcep rappelle que chaque opérateur reste responsable de ses propres obligations, qu'il s'agisse des engagements de déploiement ou du paiement des redevances.
Ce que cela change pour les abonnés
Sur un site saturé, mettre en commun plusieurs blocs de fréquences revient à offrir davantage de capacité à l'ensemble des clients qui s'y connectent, quel que soit leur opérateur. La décision ne fournit toutefois ni la liste des sites, ni un calendrier de mise en service, ni d'estimation chiffrée des gains attendus.
Cette évolution s'inscrit dans un contexte de transformation des réseaux mobiles, alors que la 2G commence à s'éteindre : notre article sur l'arrêt de la 2G chez Orange détaille ce qu'il faut vérifier. Pour mieux distinguer 4G, 5G et fibre, voir aussi notre guide Fibre, 5G, Wi-Fi 7 : comprendre votre connexion.